Un an après les explosions du port de Beyrouth : état des lieux d’un pays en crise

Photo prise par Feriel Magnier-Slimani. Vue de Beyrouth depuis Geitawi, sud de Beyrouth

Il y a un an, jour pour jour, un incendie dans un entrepôt de nitrate d’ammonium du port de Beyrouth a entraîné plusieurs explosions massives. Dans un pays déjà gravement touché par des crises économiques, politiques et sanitaires, cet événement dramatique a causé la mort de 220 personnes et la destruction d’infrastructures sur plusieurs kilomètres, 6 500 personnes ont été blessées et presque 300 000 personnes se sont retrouvées sans domicile dans les suites de l’explosion.

Un an après, la situation générale du Liban continue de s’aggraver : le pays fait face à une crise économique profonde, et subit une inflation galopante et une dévaluation de la livre libanaise. Un an après, aucune justice n’a été apportée aux victimes et aucune responsabilité officielle n’a été prise, renforçant l’opposition massive au pouvoir en place, jugé corrompu et incompétent. Ainsi les prix continuent à s’envoler : les prix ont augmenté de plus de plus de 11% pour le seul mois de juillet 2021. Le coût des produits alimentaires a quintuplé en un an, selon le Programme alimentaire mondial (PAM), rendant très difficile l’accès à une alimentation de qualité pour une population qui compte plus de 50 % de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. L’impact psychologique de cet événement a marqué durablement les habitants de Beyrouth : plusieurs mois après l’explosion, environ 80 % d’entre eux déclaraient un ou plusieurs troubles indicateurs d’un stress post-traumatique, comme la perte de sommeil ou des cauchemars récurrents. Pour les enfants et les jeunes c’est surtout la vision d’un avenir bouché qui s’impose. Pour nombre d’entre eux, le seul espoir semble être l’exil.

Le projet que PARTAGE a mis en place avec le Mouvement Social Libanais (MSL) a été lancé dans trois quartiers affectés de Beyrouth. Il vise à venir en aide à 1 350 enfants et à leurs parents grâce notamment à des séances de soutien psychosocial et scolaire, pour les aider à se reconstruire et à croire en nouveau en l’avenir.

Vous êtes déjà très nombreux à soutenir ce projet, mais la mobilisation continue pour assurer un accompagnement dans la durée.

C’est maintenant que tout se joue !